Parmi les 42 lots de la vente "Art Déco & Design du XXe siècle", un bureau plat dans le goût d'Émile-Jacques Ruhlmann concentre l'attention. Estimé entre 6 000 et 9 000 €, il doit son intérêt à la qualité de son exécution autant qu'à sa provenance.
Qui était Ruhlmann ?
Émile-Jacques Ruhlmann (1879-1933) débute comme décorateur avant de fonder, au sortir de la Première Guerre mondiale, l'atelier "Ruhlmann et Laurent" qui devient rapidement l'une des maisons les plus courues du Paris des Années folles. Sa présentation remarquée à l'Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925 — un hôtel particulier fictif, le "Pavillon d'un Collectionneur" — installe durablement sa réputation d'ensemblier de référence de l'Art Déco français, travaillant les bois précieux (amarante, palissandre, ébène de Macassar) avec des ferrures d'ivoire ou de bronze doré exécutées par des artisans d'exception.
Une facture caractéristique de la période
De forme rectangulaire, le bureau proposé ici associe un bois noirci à une ornementation de laiton ciselé aux angles et aux pieds gaine — un vocabulaire décoratif directement hérité du style développé par Ruhlmann et son atelier dans les années 1920 : sobriété des volumes, matériaux nobles, ferrures discrètes mais soignées. Le plateau, gainé de cuir vert, renforce cette lecture et facilite l'usage du meuble comme bureau de travail plutôt que comme simple pièce d'apparat.
Une provenance qui rassure les acheteurs
Le catalogue indique une acquisition directe auprès de la famille de l'ébéniste ayant réalisé la pièce, un élément qui limite les zones d'ombre sur la traçabilité — un critère de plus en plus scruté par les collectionneurs sur ce segment du marché, où les attributions approximatives ou les copies tardives sont fréquentes et où une chaîne de possession documentée fait une différence sensible sur l'estimation.
Un marché porteur pour le mobilier Art Déco de qualité
Les pièces attribuées ou clairement inspirées des grands ébénistes des années 1920-1930 (Ruhlmann, Leleu, Süe et Mare) se maintiennent bien aux enchères depuis plusieurs saisons, notamment lorsque la provenance est documentée et que l'état de conservation du bois et des ferrures est irréprochable — deux critères qui, plus que la seule signature, déterminent aujourd'hui l'essentiel de la valeur de ces pièces.
Le lot sera visible lors de l'exposition publique précédant la vente du 24 septembre, à l'Hôtel des Ventes de Lyon.
